En vain !
Ces derniers, sous l'égide de l'ONU, refusèrent toutes conditions de paix tant que Norodom Sihanouk ne reprendrait pas les pleins pouvoirs.
En exil depuis 1979, Norodom Sihanouk chercha par tous les moyens de renverser le nouveau gouvernement khmer soutenu par les Vietnamiens, et la meilleure solution qu'il eut trouvée fut de faire reconnaître les Khmers rouges déchus comme unique représentant du peuple Khmer à l'ONU (novembre 1979), avec le soutien de la France ; les Khmers rouges devinrent le bras armé des Occidentaux de 1979 jusqu'en 1991, entraînant le pays dans une seconde guerre civile...
Mais revenons aux accords de paix.
Malgré l'accord de paix de Paris du 23 octobre 1991, et le partage du pouvoir entre le FUNCINPEC et le CPP sur décision de Norodom Sihanouk (deux gouvernements, deux armées, deux forces de police...). La guerre civile au Royaume se poursuit, provoquée par le parti du FUNCINPEC en quête d'un coup d'État permanent, sous l'autorité de Norodom Ranariddh, fils de Sihanouk, dans sa volonté d'aider son père à reprendre le pouvoir, avec l'aide des Khmers rouges de l'ex Kampuchea démocratique (Pol Pot), toujours plus ou moins soutenu par les Occidentaux.
Soit 7 années de malheurs et de guerre supplémentaires.
En juillet 1997, dans l'esprit des accords de paix et afin de garantir la sécurité du pays, Samdech Hun Sen réalise un coup de force en brisant l'alliance FUNCINPEC-KHMERS ROUGES et en évinçant Norodom Ranariddh, du pouvoir.
Selon les diplomates occidentaux en poste à Phnom Penh : le prince Ranariddh est, selon eux, largement responsable de son sort.
Et, selon l'ambassadeur d’Australie Tony Kevin :
« Il y avait un consensus entre les ambassadeurs de France, des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de l’Australie, soutenus par ceux de l’Indonésie, de la Malaisie, du Vietnam et de la Chine, selon lequel Ranariddh et les Khmers rouges voulaient défier les accords de paix, alors que Hun Sen les défendait ».
La plupart des diplomates en poste sont excédés par les provocations du prince Ranariddh, ses jeux politiques et ses maladresses – et ne sont pas mécontents d’être débarrassés de lui. Dans leurs câbles diplomatiques, ils ne font pas mystère de leur préférence pour Hun Sen.
« Cela ne vaut-il pas mieux que de revenir au jeu stérile consistant à soutenir Ranariddh ? », écrit encore Tony Kevin.
Pas question, pour eux, de dénoncer un « coup d’Etat » – et c’est le terme « coup de force » qui s’impose rapidement pour décrire les événements.
La communauté internationale, condamne l’initiative de Hun Sen et plusieurs pays suspendent leur aide, et l’adhésion du royaume à l’Association des nations d’Asie du Sud-Est est repoussée, sine die.
La France, néanmoins, se distingue des autres pays, en appuyant explicitement Hun Sen. L’analyse de l'ambassadeur de France, Gildas Le Lidec, est pragmatique :
« Nous avons décidé de ne pas évacuer les Français de Phnom Penh et de ne pas interrompre notre aide bilatérale. Jusqu’en 1997, nous nous efforcions de garder une équidistance entre le CPP et le FUNCINPEC. Mais après le 5 juillet, il était évident que Hun Sen était l’homme fort du Cambodge et qu’il représentait son avenir. Même Norodom Sihanouk le reconnaissait. »
Le pays retrouve, enfin, la paix complète ainsi que la prospérité à partir de décembre 1998.
PS : "coup de force" que seuls les petits journaleux et les ignorants qualifièrent de coup d'État, alors qu'ils n'avaient pas compris que le FUNCINPEC déstabilisait le pays depuis les accords de paix.